A l'article 216, mise à jour de ma liste de DVD sur l'IDP.
Aux articles 320 à 324, videos concernant l'atterrisage à l'île de Pâques et le décollage de l'île de Pâques, une vue circulaire près des pétroglyphes d'Orongo et une vue des abords de la grotte Ana Kai Tangata (avec le son !).
Aux articles 325 à 329, moaï sculptés dans du basalte en provenance de l'île de Java en Indonésie.
A l'article 346, 16e article de François Dederen concernant le déplacement des moaï et des pukao de leurs emplacements originels et quelques considérations désabusées de "Te Pito".
A l'article 347, 17e article de François Dederen pour un hommage à Louis Castex.
A l'article 349, 18e article de François Dederen: "développement ou catastrophe ?".
Aux articles 350 à 365, exposition sur l'île de Pâques au musée du "Malgré Tout" de Treignes (Belgique).
A l'article 368, 2 superbes reproductions de moaï sur une plage d'Espagne.
Aux articles 389 & 390, nouveau livre sur l'IDP de Jean Hervé Daude.
Aux articles 393 & 394, 19e article de François Dederen à propos d'une expédition scientifique maudite.
Aux articles 395 & 396, acte de vandalisme à l'IDP.
Aux articles 403 & 404, base de données concernant 709 moaï de l'IDP.
Aux articles 405 & 406, 20e article de François Dederen concernant les tablettes rongo rongo.
A l'article 421, exposition sur les îles mystérieuses du Pacifique à La Rochelle (France) du 29/08 au 07/09/2008.
Aux articles 426 à 428, exposition de 60 objets de l'IDP à la galerie Leiris à Paris.
A l'article 429, incroyable mais vrai ! > 2 coïncidences troublantes ...
A l'article 430, 21e article de François Dederen: "Rapa Nui, ta culture fout le camp !"
Aux articles 431 à 455, photos des moaï du Rano Raraku
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1er article de François DEDEREN (voir ses coordonnées et sa photo à la page suivante) > Critique du livre "Effondrement" de Jared DIAMOND, consacré à l'île de Pâques au chapître 2 (pages 85 à 138). Ce livre est paru aux éditions Gallimard le 14/04/2006 pour la version française.
Il serait trop compliqué d'analyser point par point tous les détails du texte qui se rapporte au chapître 2 et j'émettrai des remarques générales et particulières sur certains aspects de la question que l'auteur n'a pas évoqué soit parce qu'ils n'abondait pas dans sa vision de cet effondrement, soit qu'il ignorait tout simplement les points en question.
Je peux cependant affirmer que l'auteur est bien au courant de certains travaux réalisés par des chercheurs anglophones et ceux de la famille Orliac (France) mais que pour des raisons qui lui sont propres et surtout propres aux américains, il ignore les travaux qui se sont passés bien avant ses propres recherches sur la question.
Il est curieux de constater que dans sa bibliographie, pas un seul auteur européen n'est cité à part la famille Orliac et pourtant certains points essentiels de sa vision des choses dépendent justement des auteurs qu'il ne mentionne pas.
Je ne pense pas avoir lu dans le texte les propos du Père Honoré Laval concernant l'île de Pâques dans Mangareva ou l'histoire ancienne d'un peuple polynésien (1938) où il est dit au chapître 2 que Taratahi fut obligé de fuir de Mangareva et ne fut pas plus heureux à Mata ki te rani ou si vous préférez: l'île de Pâques. C'est ainsi que peu après, ayant appris que Mata ki te rani était ravagée, son père Anua et ses frères se rendirent à l'île de Pâques. Après bien des tribulations, ils finirent par y arriver. Laval signale que bien avant lui et après lui, d'autres polynésiens ont accompli ce voyage, ils trouvèrent Taratahi mort dans un ruisseau appelé Rapa Nui etc ... Alors qu'ils étaient tous sur l'île de Pâques, Anua Matua mourut. On peut donc dire que bien avant Hotu Matua, des gens du Pacifique connaissaient l'île de Pâques et les mangaréviens mieux que quiconque puisqu'ils savaient qu'elle s'appelait Mata ki te rani: les yeux qui regardent le ciel.
L'auteur semble ignorer qu'en 1973, Jacques Dumas, président de la fédération mondiale de plongée, accompagné d'Edmundo Edward et d'un autre plongeur, trouva par quelques mètres de fond devant la grotte Ana kai tangata à Rapa Nui des fours faits de 7 pierres dans lesquels se trouvaient des charbons de bois. On sait que le charbon de bois ne se dissout pas dans l'eau de mer, ces charbons de bois furent analysés par les laboratoires de petites radiations de Gyf sur Yvette mais on ne sut jamais le résultat de ces analyses car il y a eu dispute. Jacques Dumas décéda et on a mis les scellés sur l'endroit où se trouvait le résultat des analyses, 31 ans plus tard. le mystère reste entier.
Puisse l'auteur envisager ce qui se serait passé si l'on avait constaté que ces charbons de bois dataient de peu de temps avant J.C. ou même avant ? on pouvait remettre l'historique du peuplement des îles du Pacifique en question.
L'auteur nous dit que l'on utilisa pas mal de bois car on incinérait les corps à Rapa Nui. Je pense que l'auteur ignore qu'il existe dans l'île un cimetière marin qui renferme des dizaines de milliers de squelettes. Il fut d'ailleurs découvert il y a quelques années par un plongeur français résidant sur l'île depuis pas mal d'années, un reportage dans "La Dépèche du Pacifique" fut d'ailleurs consacré à cette incroyable découverte mais si vous demandez à un pascuan s'il connait l'existence de ce cimetière, aucun ne vous répondra pas l'affirmative.
Lorsque l'auteur nous signale qu'il était possible lors de l'érection de la statue sur l'ahu, que le pukao soit attaché directement sur la tête avant le redressement, c'est oublier et négliger complètement la proposition que le maire Atan Atan fit à Thor Heyerdahl en 1955-1956 de lui montrer comment on remettait un pukao sur une statue que Thor lui avait demandé de relever dans la baie d'Anakena et qui porte le n°111 (numérotation d'Englert) sur l'ahu ature huki. Manquant de finances, Thor Heyerdahl dût refuser la proposition. Ceci est bien dommage car cela aurait clos le débat sur ce point.
L'auteur nous parle constamment de la destruction des arbres soit pour les transports terrestres des moaï, soit pour le chauffage, soit pour la cuisine etc ... . Il n'évoque pourtant pas un seul mot sur la possibilité de transport des moaï par des radeaux. En réalité, c'est pour moi la seule hypothèse de transport le long de la côte nord et ouest pour le transport des statues vers les ahu éloignés. Pourquoi ? Parce qu'il est dit dans la tradition orale que les statues se sont déplacées seules par le mana et si on réfléchit convenablement à la question, on s'aperçoit tout d'abord que les statues étaient terminées presqu'entièrement dans la carrière du Rano Raraku. En général, quand un sculpteur veut réaliser une oeuvre de dimension, il fait en sorte de transporter le bloc brut sur l'emplacement futur de la statue. Ici, c'est le contraire, donc on peut supposer que les pascuans avaient trouvé un moyen sûr et efficace pour transporter leur statue sans la briser et l'abimer en chemin. Nous savons qu'il n'y a que 750 mètres de la carrière à la baie d'Hotu Iti et le terrain est en pente douce vers la mer, il était donc plus ou moins facile de tirer la statue jusqu'à la mer soit sur des rondins ou sur d'énormes ballots de pailles, la statue était chargée sur un radeau fait de tronc de palmier à miel par exemple et par temps calme, il suffisait d'une énergie peu considérable pour transporter le lond des côtes le moaï en question. De plus, la plus grande partie des ahu se trouve à quelques mètres du bord de mer.
Il faut savoir encore que le Mataveri n'avait lieu qu'une seule fois par an donc en principe, on ne devait pas tailler plus d'une statue par an, puisqu'elle servait uniquement à honorer un candidat qui avait été "homme oiseau" de son vivant. On ne commandait donc une statue que lorsqu'il y avait décès. Ce que semble oublier l'auteur, c'est que les grands ahu ne se sont pas fait en une seule fois mais en petit ahu pouvant supporter une ou deux statues et puis par après, on réunissait les différents ahu en un seul grand ahu. Au début, les monuments ne portaient pas de statues mais des pierres levées.
Je ne vois vraiment pas les habitants commençant à détruire leur potentiel alimentaire alors que leur plus grand souci était la famine.
Ce qui est plus que probable car cela s'est déja passé à Rapa Nui, c'est que lorsque les américains plantèrent des centaines d'eucalyptus afin d'alimenter une centrale électrique, on constata que les arbres qui se trouvaient au centre du bois poussaient beaucoup plus vite et que de ce fait, ils avaient une prise au vent extraordinaire. Que se passa-t-il ? Ce furent les premiers qui s'abattirent et détruisirent une partie des plus petits. Ceci n'est pas un évènement datant de 1200 après J.C. mais après 1961, les eucalyptus n'atteignant pas les hauteurs des palmiers à miel, loin de là ! Que peut-on conclure s'il se passa à Rapa Nui une ou des tempêtes hors du commun comme il peut y en avoir dans les îles ? Je pense que la vérité n'est pas si éloignée de cela. Pluies, ouragans, inondations, les moyens de survie étaient réduits à peu de chose. Il n'en fallut pas plus pour que tout s'arrête à une certaine époque dans la carrière et qu'il y avait mieux à faire que de dresser des moaï. On sait également que toutes les statues ne sont pas du Rano Raraku puisqu'il y avait des grises, des blanches, des rouges et des couleurs "pailles" d'où une distance de transport réduite par exemple pour la statue Hoa Haka Nana Ia d'Orongo, la carrière de basalte étant à proximité. Idem pour la statue Puhaka Nononga, le basalte se trouvait au pied du Rano Kau.
Enfin, lorsqu'on évoque le Tongariki, il faut savoir que la façade marine était constituée d'énormes blocs que l'on ne retrouvera que partiellement dans la reconstitution de 1993, que le plan incliné de la face avant était constitué de pierres pour reprendre en partie la charge des statues mises en place sur l'ahu et que les ailes des ahu n'étaient pas seulement là pour faire joli mais pour reprendre une partie de la charge latérale.
Voici d'ailleurs où se trouve toute la différence entre la reconstitution en une fois et avec du béton pour certaines sécurités et la construction du Tongariki originel avec un petit ahu avec un ou deux moaï, ensuite un autre également avec un ou deux moaï et ensuite un assemblage en un seul avec remplissage entre les ahu, ailes latérales, etc ...
Je pense que l'auteur n'a pas pris connaissance des travaux du professeur Dumont de l'université de Gent en Belgique qui a réalisé les mêmes recherches que John Flenley mais qui trouve des dates d'ancienneté de moitié par rapport à Flenley.
Je terminerai en regrettant que l'auteur n'a pas eu un mot sur les travaux considérables que les européens ont réalisés depuis 1921, comme s'ils n'avaient jamais existés.
Je concluerai en disant qu'il est toujours osé d'émettre des hypothèses sur des sujets pointus lorsqu'on croit posséder tous les éléments pour y répondre et qu'en réalité, il manque toujours des éléments que l'on ne soupçonnait pas.
François DEDEREN, "Te Pito", Belgique
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